les mottes castrales de Chirens
panneau du Souchet
localiser les mottes
La motte Castrale est le siège des nouveaux pouvoirs qui se mettent en place au XIe siècle. Il s'agit d'un tertre artificiel ou semi-artificiel entouré d'un ou plusieurs fossés secs ou remplis d'eau selon les possibilités, sur lequel se dressent une palissade et une tour, résidence défensive d'une famille seigneuriale. Au pied de la motte, protégées par une palissade et des fossés moins puissants, se trouvent souvent une ou plusieurs basses-cours, où se développent un habitat paysan et des bâtiments agricoles et artisanaux. Fortification de terre et de bois, sa mise en oeuvre est rapide, de coût réduit et ne demande pas de main d'oeuvre spécialisée. Elle est donc à la portée d'un simple chevalier, ce qui explique sa large diffusion durant les XIe et XIIe siècles.
Sur la commune de Chirens, trois mottes castrales ont été recensées. Deux d'entre elles ont fait l'objet de fouilles (le Châtelard par Chantal Mazard et Annick Ménard et la Louvatière par Magdeleine Clermont-Joly puis Michèle Bois); la troisième a été seulement sondée (la Poype). Elles ont été édifiées et occupées en même temps au cours du XIe siècle comme le confirme le mobilier exhumé. Leur abandon, semble-t-il simultané, s'est produit au plus tard à la fin de ce siècle, au profit du seul site castral de Clermont.
La situation du site de Clermont permet de voir les trois mottes et le chateau de Montclar.
Ce nombre élevé de sites fortifiés, sur un espace aussi restreint, surprend. Il est sans doute lié à la présence des habitats du bord du lac et à l'installation précoce de la famille de Clermont sur ce terroir. Les fonctions respectives de ces trois sites ne sont cependant pas encore clairement élucidées ni définies, de même que leur date d'apparition, leur durée de vie et leur possible contemporanéité. voir aussi
A lire : "les habitants du lac de paladru..." et "chevaliers-paysans de l'an mil"
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Une enceinte castrale: le Châtelard

Cette fortification est un bon exemple des châteaux de terre des environs de l'an Mil.
Etablie à 750 m d'altitude sur le rebord occidental d'un plateau dominant la vallée de la Fure, le lac de Paladru et la vallée de l'Ainan, elle utilise au maximum le relief et les défenses naturelles qu'il lui offre et présente à la fois les caractéristiques de la motte et de l'enceinte. Une première défense est assurée par un large fossé annulaire qui entaille avec vigueur le relief environnant ; profond de plus de 12 m du coté du plateau, il disparaît presque là où les pentes naturelles sont vives. A I'intérieur de ce fossé, un rempart de terre en forme de fer à cheval, interrompu à l'ouest pour permettre l'accès, complétant et renforçant le premier élément défensif, protège une plate-forme grossièrement circulaire de 900 m2 environ, la basse-cour. Le rempart, composé de l'énorme masse des terres provenant du fossé, s'élève progressivement pour former, à l'Est, une butte massive de plus de 10 m de hauteur au sommet étroit formant une sorte de motte de barrage du coté le plus vulnérable de la fortification. Il est possible qu'une tour de guet en bois, dont aucune trace n'a été repérée à la fouille, se soit dressée au sommet de la butte.
Un grand bâtiment résidentiel à structure de bois, d'environ 15m de coté, aux murs en pisé ou en torchis et au toit de chaume ou de roseau, occupe presque entièrement la basse-cour; au sud, le long du rempart, le seul foyer découvert localise sans doute l'emplacement d'une cuisine extrêmement fruste. Les informations fournies par la fouille de ce site (1983-1987) ainsi que les objets mis au jour même s'ils ne sont pas très nombreux (pièces d'équipement militaire ou d'équitation, objets de parure, pions de jeu, céramique, monnaie) incitent à reconnaître dans ce grand bâtiment la résidence d'un personnage important, le seigneur du lieu, et de sa famille durant la deuxième moitié du Xle siècle.
La fouille a porté essentiellement sur la plate-forme et a permis de dégager les traces d'un bâtiment en bois. De celui-ci ne subsistent que les "trous de poteaux", c'est-à-dire les remplissages correspondant à l'emplacement des pieux disparus. Leur relevé conduit à restituer le plan d'un vaste bâtiment presque carré d'environ 15 mètres de côté, se partageant en trois nefs dont une grande nef centrale de 7 mètres de large. Au sommet de la butte, les sondages n'ont rien livré, I'érosion ayant détruit les traces d'une éventuelle tour en bois.
Le matériel trouvé au Châtelard est très comparable, bien que légèrement plus récent (deuxième moitié du Xle siècle), à celui de Colletière à Charavines: céramique, fragments d'outillage métallique, ossements animaux. L'abondance du matériel d'équitation (fers à cheval et nombreux clous de ferrage) confirme le rôle militaire du site et surtout la présence de cavaliers.
La brièveté de l'occupation explique sans doute le fait que ce site ne soit pas mentionné dans les textes du Moyen Age.
Ce site a été acheté par la commune de Chirens et des visites sont organisées par le Musée du Lac à Charavines.
Classé Monument historique en 2004. |
La motte de la Louvatière, appelée 'Châteauvieux''

Appelée la Pouèpe sur le cadastre de 1819 ou le <<château>> par les habitants du hameau, la motte de la Louvatière, installée à mi-pente sur le versant d'une vallée glaciaire, à 563 m d'altitude, bénéficie d'une position stratégique de premier ordre. Utilisant un site d'ensellement molassique naturellement défensif le replat qu'elle occupe est coupé par le profond ravin du Touvat qui constitue une défense naturelle presque infranchissable. Le fond de la vallée est occupé par un marais qui donne naissance à l'Ainan.
Le tertre rectangulaire de 35 m sur 20 m a été entièrement façonné par enlèvement de matériaux de façon à la dégager sur environ 10 m de hauteur du relief environnant. La plate-forme sommitale ainsi créée offre un espace plan de plus de 600 m². Les autres aménagements (fossés, basse-cour ) qui devaient compléter l'ensemble ne se distinguent plus aujourd'hui. Le sondage de prés de 80 m² réalisé au sommet du tertre a montré la présence d'un bâtiment en bois et pisé détruit par le feu. Il est possible qu'un autre bâtiment en galets ait été construit à proximité.
Les objets recueillis dans ces sondages, très semblables à ceux trouvés au Châtelard datent l'occupation du début du XIe siècle. Aucune mention dans les textes médiévaux ou modernes ne vient éclairer l'histoire de ce site.
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La fortification de la Poype (ou Pouèpe ) au Bozon

La motte de la Poype est plus "classique". un fossé entoure un cône pyramidal aux pentes raides prolongé d'une basse-cour. Le sommet du cône forme approximativement un cercle d'environ 20 mètres de diamètre. Quelques tessons de céramique ont confirmé l'appartenance de cette construction au XIe siècle.
Située en limite nord-est du hameau de Clermont au pied du grand plateau portant le Châtelard, la Pouèpe a été construite au sommet d'une petite colline isolée à 625 m d'altitude. Défendue par des pentes naturellement vives à l'est et à l'ouest et par un fossé précédé d'une petite éminence au nord, la butte a été modelée en forme de tronc de cône massif et surélevée de cinq à six mètres par apport de terre et de galets sortis du fossé. La céramique découverte dans les deux sondages réalisés sur le tertre, permet de dater l'occupation -sans doute très brève- de cette petite fortification du début du XIe siècle. La fonction de ce type de site reste encore hypothétique. S'agissait-il d'une fortification d'appoint, sorte de poste avancé pour l'un ou l'autre des deux sites voisins Clermont et le Châtelard ou d'une résidence à part entière mais éphémère d'un petit seigneur en ce Xle siècle troublé ? Là encore l'absence de texte nous prive d'une source d'informations importante. |
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